Communiqués

En recevant le CFCM, le président Erdoğan s’est ingéré par communautarisme dans les affaires intérieures de la France

Communiqué de presse de Bertrand Dutheil de La Rochère

Référent national Les Patriotes à la Politique étrangère,
Conseiller régional d’Île-de-France.

 

Au cours de son déplacement en France, le président Erdoğan a reçu en audience « privée » le bureau du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman). Cette rencontre se place dans la continuité du discours qu’il avait prononcé à Strasbourg, le 4 octobre 2015, à un mois de législatives anticipées en Turquie. Il avait demandé à ses 12 000 compatriotes présents de prendre la nationalité du pays où ils vivent, tout en gardant leur identité. Parlant des institutions françaises, il eut même cette interrogation inquiétante : « Pourquoi n’avons-nous pas un seul concitoyen élu à l’Assemblée nationale et au Sénat ? »

 

Depuis le 1er juillet dernier, la présidence tournante du CFCM est assurée par Ahmet Ogras. Or, celui-ci, bien que citoyen français, est depuis 2013 président du CCMTF (Comité de coordination des musulmans turcs de France). Il est aussi l’un des fondateurs de la section française de l‘UDTE (Union des démocrates turcs européens), qui est l’organisation à l’étranger de l’AKP, le parti du président Erdoğan, et qui défend les positions turques dans les pays où elle est implantée. Nous sommes bien en pleine dérive communautariste, contraire aux valeurs fondamentales de la République.

 

Les Patriotes approuvent, dans le respect des souverainetés nationales, les relations d’État à État entre la France et tous les autres pays du monde. Il est normal que les chefs d’État en déplacement en France reçoivent ses compatriotes y habitant. En revanche, il est inquiétant qu’ils reçoivent aussi des citoyens français sous prétexte qu’ils seraient originaires de son pays, la double nationalité ne pouvant servir d’excuse. De même, les liens religieux ne sauraient servir de justification. Le califat est aboli depuis près d’un siècle. Il revient au gouvernement français de rappeler à ses hôtes les principes républicains de non-ingérence qui régissent notre nation, et de veiller à leur application.