Tribune de Philippe Murer, en réponse au discours d’Emmanuel Macron lors des Etats généraux de l’alimentation.

Face aux difficultés immenses de l’agriculture française, Emmanuel Macron a proposé deux mesures principales : la hausse du seuil de revente à perte afin que nos agriculteurs soient mieux rémunérés et des plans pour les filières (restructurations et nouveaux modes de commercialisation orientés vers les circuits courts ou la restauration collective).

Faire en sorte que nos agriculteurs ne revendent pas à perte est une mesure de bon sens. Cependant, lorsque c’est l’industriel qui vend un produit aux distributeurs, celui-ci sera protégé par le seuil de revente à perte mais les agriculteurs ne le seront pas. C’est une première faiblesse. En outre, nos grands distributeurs pourront aisément contourner cette mesure en se tournant vers les produits étrangers pour s’approvisionner à bas coût : l’ouverture totale de notre marché aux importations de très nombreux pays décidée par Bruxelles nous empêche comme toujours de prendre des mesures efficaces de régulation. Et comme les Français peuvent le remarquer lorsqu’ils font leurs courses: les produits français sont de moins en moins nombreux dans les étals de fruits et légumes de nos magasins, qu’ils soient produits en agriculture traditionnelle ou en agriculture biologique.

Quant aux plans de filières, ce sont des restructurations et des modes alternatifs qui sont proposés, et non une reconquête de notre marché intérieur, seule à même de redresser notre agriculture et de sauver nos agriculteurs.

Le président français a beau fustiger les “prix anormalement bas” et déplorer que “les agriculteurs ne peuvent plus vivre du prix payé », il en chérit les causes : des accords de libre-échange mettant nos agriculteurs en concurrence avec tous les pays du monde et une dérégulation du « marché agricole » avec la Politique Agricole Commune dirigée par Bruxelles. Un simple exemple montre bien l’absurdité de cette dérégulation : la fin des quotas laitiers a conduit à l’effondrement du prix du lait et la faillite d’une partie de nos éleveurs. Pire, Monsieur Macron adore et défend sans cesse cette Union Européenne qui négocie aujourd’hui des accords de libre-échange avec les deux pays les plus compétitifs du monde en matière d’élevage : l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Faire mine de défendre nos agriculteurs « et en même temps » mettre en place les conditions de leur naufrage est une insulte faite à nos paysans.

Certes, quelques-uns d’entre eux arriveront à restructurer leurs fermes pour changer leurs modes de production, aller vers des produits « bio » ou labellisés afin de vendre à une clientèle plus aisée et dégager un peu plus de marges. Mais cela ne peut être le chemin de survie de toute l’agriculture française tant que le cadre actuel n’est pas fondamentalement changé.

C’est justement un tel changement de cadre que Les Patriotes veulent proposer à tous les Français, un projet positif pour redonner de l’air à nos agriculteurs, un projet positif pour les Français qui disposeront d’une alimentation plus sûre et plus saine. Ce projet sera développé et aura deux objectifs : la survie et la protection de nos agriculteurs et une transition vers de nouvelles pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Il n’y a pas de fatalité : de nombreux outils peuvent être utilisés dont l’étiquetage clair et obligatoire de l’origine de tous les produits, un patriotisme économique dans les cantines des écoles et des administrations, un protectionnisme intelligent et une nouvelle Politique Agricole Française. Un des piliers de notre pays, l’agriculture, est en péril, tous les patriotes français doivent contribuer à le sauver.

 

Philippe Murer est économiste, auteur de La transition énergétique et co-auteur avec Jacques Sapir de Les scénarii de dissolution de la zone euro.

Communiqué de Florian Philippot sur les réformes à venir de l’exécutif

Communiqué de Florian Philippot
Député français au Parlement européen,
Président des Patriotes.
Assurance chômage, formation professionnelle et apprentissage : vigilance requise, pistes de progrès

 

Le gouvernement entame aujourd’hui une nouvelle phase de concertation avec les partenaires sociaux en vue de préparer une réforme de l’assurance chômage, de la formation professionnelle et de l’apprentissage qui sera soumise à la représentation nationale au printemps 2018.

La méthode choisie, une concertation préalable à l’écriture d’un projet de loi, ne doit pas faire illusion : rappelons en effet que la préparation des ordonnances réformant le code du travail a elle aussi fait l’objet de pseudo concertations qui n’ont rien changé au résultat final, les syndicats ayant en réalité été complices de cette opération scandaleuse de détricotage du droit du travail orchestrée sous la pression de la Commission Européenne.

 

Il s’agit donc aujourd’hui de rester extrêmement vigilant sur les intentions réelles du gouvernement concernant l’assurance chômage, la formation professionnelle et l’apprentissage, et d’alerter nos compatriotes, salariés, chômeurs, étudiants ou indépendants sur les effets des décisions à venir.

 

Un premier point nous préoccupe d’ores et déjà : le gouvernement pourrait envisager de baisser sensiblement l’indemnisation de tous les demandeurs d’emploi, afin de financer l’ouverture des allocations chômage aux démissionnaires et aux indépendants. Baisser l’indemnisation du chômage, dans un contexte de pénurie massive d’emplois, augmenterait gravement un taux de pauvreté déjà très élevé, nuirait à la consommation et donc à la croissance globale de l’économie.

 

Quant à la formation professionnelle, s’il importe évidemment d’en simplifier le fonctionnement et de mieux utiliser les budgets astronomiques qui y sont consacrés, elle doit être réformée en poursuivant les objectifs suivants : renforcer la transparence des mécanismes de financement aujourd’hui trop souvent opaques, éviter notamment de financer les organismes dont l’efficacité ne peut être reconnue, guider davantage la formation vers les publics qui en ont le plus besoin (jeunes et demandeurs d’emploi), contribuer à une meilleure insertion professionnelle des publics fragilisés.

 

Quant à l’apprentissage, il doit être puissamment encouragé, pour enfin atteindre les objectifs qu’aucun gouvernement n’est parvenu jusqu’ici à tenir, et doit être ouvert dès l’âge de 14 ans.

 

S’agissant de ces sujets essentiels pour la vie des Français et des entreprises, les Patriotes suivront très attentivement l’élaboration de la réforme à venir, et alerteront les Français sur les conséquences réelles des mesures envisagées, tout en proposant également des pistes d’évolution véritablement conformes à l’intérêt général, la solidarité entre les Français, et l’efficacité économique de la nation.